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Economie & Finance / Société & Santé

AÉROPORT INTERNATIONAL GNASSINGBE EYADEMA: MAUVAISE RÉPUTATION!

AÉROPORT INTERNATIONAL GNASSINGBE EYADEMA: MAUVAISE RÉPUTATION!

DES CADENAS DE VALISES DES VOYAGEURS FORCES, DES OBJETS VOLÉS PAR DES AGENTS DE SÉCURITÉ 

L’aéroport international Gnassingbé Eyadema (AIGE) est en train de s’attirer une très mauvaise réputation qui risque de ternir son rayonnement et de mettre à néant le projet d’attractivité porté par les autorités togolaises. Des pratiques d’agents de sécurité véreux assimileraient le Togo à un Etat voyou: des cadenas de valises des voyageurs forcés et fouillés à leur insu, des objets volés. 

La sûreté du transport aérien est aujourd’hui un enjeu de sécurité publique majeur; elle comprend l’ensemble des mesures prises pour lutter contre les malveillances intentionnelles comme les actes de terrorisme. La sûreté aérienne consiste principalement en une recherche d’éventuels engins explosifs pouvant être introduits à bord d’avions civils de façon illicite, et ceci de quelque façon que ce soit (dans un bagage de soute, un bagage à main, etc.). Elle vise également à empêcher l’emport d’armes de toutes sortes dans la cabine et le cockpit de l’avion (sur les personnes et dans les bagages à main), armes qui pourraient être utilisées à des fins de piraterie aérienne.

 Depuis 2009, de nombreux concepts et techniques  ont été inventés pour assurer une meilleure sûreté dans les aéroports au regard des innovations auxquelles  trafiquants et terroristes ont recours pour réussir leurs différents projets. Au Togo, le code de l’aviation civile, arrimé aux textes et règlements  internationaux de l’aviation civile, a prévu moult dispositions pour assurer la sûreté des aéroports, et c’est justement à cet effet qu’il a été créé l’Autorité de sûreté de l’aéroport international Gnassingbé Eyadema (ASAIGE).  En effet, les nouvelles normes de sécurité aérienne internationales  donnent le pouvoir aux douaniers, en cas de doute, de forcer l’ouverture des valises pour une fouille minutieuse des bagages? Mais dommage, dans l’exercice de leurs prérogatives, les agents de l’ASAIGE censés appliquer ces dispositions de manière professionnelle pour le bonheur des voyageurs et la respectabilité du pays, s’affichent comme de vulgaires bandits, auteurs de larcins.

LES FAITS

 Un passager togolais d’Air France prend un vol à l’aéroport International Gnassingbé Eyadéma le mardi 9 janvier à destination de la Suède. A l’heure des formalités d’embarquement, un agent lui a demandé s’il y a un article liquide dans ses bagages. Non, rétorqua l’intéressé. Arrivé à destination, le passager en question découvre que sa valise a été ouverte, fouillée et des objets volés. Pour ce forfait, l’auteur ou les auteurs ont dû forcer les cadenas de la valise, la sangle complètement détachée, l’étiquette Air France enlevée.  Une opération jusque-là admissible, puisque licite. Seulement, le passage a établi le constat que  de sa valise ont disparu 6 savons VICTAGO, 2 bouteilles d’arachide, 2 bouteilles de haricot, 1 bouteille de gari. Ce qui est illicite. Pour justifier une telle opération, l’Autorité de sûreté de l’Aéroport Gnassingbé Eyadema  a pris soin de glisser dans ladite valise une notification de fouille. Nous y lisons:  » Pour votre sécurité et celle des autres passagers, l’Autorité de sûreté de l’Aéroport Gnassingbé Eyadema (ASAIGE) est tenue conformément au Code de l’aviation civile togolais, d’inspecter et de filtrer tous les bagages avant leur chargement à bord des aéronefs. Selon la procédure, certaines valises sont ouvertes et fouillées manuellement en présence du représentant de la compagnie aérienne. Votre valise fait partie de celles sélectionnées pour la fouille. En application de la procédure, votre valise et son contenu ont été fouillés manuellement à la recherche des articles interdits ou réglementés. A la fin de la fouille, le contenu est retourné dans la valise. Au cas où l’agent de sûreté préposé à la fouille n’a pu ouvrir votre valise en raison du fait qu’elle était fermée à clé, il aurait été obligé de forcer son ouverture. Dans ce cas, l’ASAIGE vous présente ses sincères regrets pour avoir été obligé de le faire. Toutefois, l’ASAIGE n’est pas tenue responsable des dommages causés à vos serrures ou cadenas suite à cette précaution nécessaire à la sûreté. » La notification que nous avons réussie à avoir ne porte aucune signature et rien n’atteste que le document est officiel. Soit! Si l’on s’en tient à cette notification, et en considérant les textes qui régissent la sûreté aéroportuaire, la fouille n’est pas illégale,  mais plusieurs interrogations taraudent les esprits: pourquoi les voyageurs ne sont pas avertis de telles mesures au préalable, et que  c’est une notification introduite dans leurs valises qui les en informe; après la fouille pourquoi avoir fait disparaître le gari, le haricot, les savons, l’arachide qui ne sont pourtant pas inscrits sur la liste des articles interdits?   »En 2015, alors que nous étions déjà installés dans l’avion, j’allais en France, j’ai été prié de descendre un moment. Parce qu’on a découvert dans ma valise un litre de sodabi (boisson locale très prisée). Après avoir répondu à une ou deux questions, je suis retourné à ma place », témoigne un compatriote, rencontré à l’aéroport lors de nos recoupements.  C’est dire que rien ne peut excuser ni justifier la disparition des articles non interdits de ce voyageur.

AIR FRANCE S’ÉTONNE

Le passager victime a contacté la compagnie Air France, qui décline toute responsabilité, et s’étonne que de pareilles pratiques aient cours aujourd’hui dans un aéroport au monde à l’heure où partout, tout est mis en œuvre pour que l’environnement aéroportuaire, malgré toutes les mesures draconiennes de contrôle, rassure les voyageurs et laisse un goût du revenez-y. Les aéroports sont devenus aujourd’hui  des poids lourds dans les économies des pays, et de véritables politiques axées sur l’attractivité des voyageurs sont développées et promues. 

CE QU’IL FAUT CRAINDRE

C’est une évidence, cette affaire ne fait pas du tout bonne publicité au Togo et à son aéroport, un joyau construit à  coup de milliards pour booster l’économie togolaise. A l’analyse des faits, il est donc possible qu’un agent de l’ASAIGE  force une valise d’un voyageur, y glisse un article interdit, et qu’à l’arrivée, celui-ci soit interpellé, et finir même en prison. Cette information, vulgarisée, n’honore pas du tout le Togo et ses agents de sécurité, elle peut même servir d’alerte susceptible d’influer sur la confiance des voyageurs. Le trafic aérien  peut subir un coup dur, et déteindre sur la production de richesses de l’aéroport. Notre équipe d’investigation déployée à l’AIGE est tombée sur des agents surpris par les faits allégués, incapables de confirmer que cette  procédure de fouille est légale. Le commissaire Atchole du département de l’Immigration a demandé à la victime de lui fournir des informations nécessaires à une investigation interne sur le sujet.  La victime, exhortée à porter plainte est pour le moment indécise, toutefois, si jamais une procédure judiciaire s’enclenchait, tous les indices sont au rouge pour conforter la culpabilité de l’Autorité de sûreté de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadema. Il est impérieux qu’une enquête digne de ce nom soit ouverte au plus tôt pour situer les responsabilités dans la commission  de cette infraction, le vol d’objets licites dans la valise d’un voyageur régulier, une dérive dénigrante pour l’image même du Togo. Le Col. LATTA Dokisime Gnama, directeur général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile du Togo (ANAC-TOGO) et de la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), et le Lt-Colonel Langbatibe BOLIDJA, Coordonnateur de l’ASAIGE sont interpellés. 

 (Nous y reviendrons)

Source: http://www.gapola.net/2018/01/aeroport-international-gnassingbe_91.html

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