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Togo: « Nous ne voulons que la démocratie » entretien avec Tikpi ATCHADAM

Togo: « Nous ne voulons que la démocratie » entretien avec Tikpi ATCHADAM
A Lomé et en province, les manifestations anti-régime se poursuivent. L’opposition appelle le peuple togolais à continuer la lutte. Entretien avec Tikpi Atchadam du Parti national panafricain.

Après les grandes manifestations antigouvernementales de mercredi et jeudi, l’opposition, dont vous êtes un des principaux leaders avec Jean-Pierre Fabre, parle d’un dernier avertissement à l’endroit du régime ? Qu’entendez-vous par dernier avertissement ?

Tikpi Atchadam Le clan Gnassingbé le constate depuis un mois et demi : la décision du peuple togolais de vouloir changer de régime est irréversible. Cela signifie donc que nous irons jusqu’au bout de la lutte, qui se résume à deux objectifs : d’une part, faire que la Constitution de 1992 instituant la limitation à deux le nombre de mandats présidentiels – et dans tous les cas de figure – soit rétablie ; d’autre part, que la diaspora togolaise ait le droit de voter. Je suis sûr que nous y arriverons, car depuis le début de cette crise, l’ensemble de l’opposition parle d’une seule et même voix au peuple.

Mais un dialogue avec le pouvoir est-il encore possible pour sortir le pays de la crise ? Ne craignez-vous pas une vague de répressions ?

Tikpi Atchadam Depuis les violences du 19 août, Faure Gnassingbé est resté silencieux, il n’a pas réagi. Il y a eu des morts, il y a eu des blessés. En ce moment, près de 500 réfugiés togolais vivent au Ghana. Il y a des gens emprisonnés arbitrairement et le président ne dit mot. Il n’y a donc pas de dialogue. Une quarantaine de personnes, manifestants ou proches de l’opposition, ont été emprisonnées et jugées arbitrairement. Avec une police ou une armée qui, sans mandat, vient arrêter les gens dans leur maison. L’opposition est constamment filée : à l’heure où je vous parle, cet entretien téléphonique est écouté de bout en bout par les services. La dynastie Gnassingbé a créé un état policier au sein duquel l’armée n’est pas dans son rôle. Mais nous ne tomberons pas dans le piège. Nous avons fait preuve de maturité en demandant aux manifestants de rester pacifiques jusqu’au bout. Quant à un nouveau référendum constitutionnel… je rappelle que la Constitution de 1992 est déjà le résultat d’un référendum adopté par le peuple togolais, et que le père du président avait appelé à voter en son temps. Il n’y en a pas besoin. Personne n’est dupe.

Si le pouvoir rend les clés du palais, quelle sera la suite des événements ?

Tikpi Atchadam Il y aura d’abord une transition en s’appuyant sur la Constitution de 1992. Avec un programme qui amène à des élections – présidentielle, législative et locale –, afin de poser les bases du démarrage de la démocratie dans notre pays. Mais je voudrais préciser ceci : Faure Gnassingbé n’a pas besoin de quitter le pays, parce que nous voulons sortir de cette crise par le haut, de manière pacifique. Ce message, Faure doit l’entendre, personne ne veut sa tête.

Le manque de réaction de l’ONU, de l’Union africaine, mais aussi et surtout de la France ne vous inquiète-t-il pas ?

Tikpi Atchadam Je ne pense pas qu’il y ait un manque d’intérêt de la communauté internationale. Je crois que les dirigeants onusiens, européens, français, suivent de près ce qui se passe. Ils seront obligés de se déterminer un jour. Mais le plus gros du travail revient au peuple. Les Togolais citent souvent la France comme étant un modèle de démocratie. Mais la France est un pays de liberté, parce que les Français ont su se libérer de la monarchie. Aussi demandons-nous à ce partenaire historique de nous aider à écrire notre histoire démocratique. La France gagnerait à avoir des discussions sur nos intérêts réciproques avec un régime démocratique plutôt qu’avec une dictature. Quant à l’Union africaine (UA), je souhaiterais qu’elle se positionne du côté de la vérité et de la justice. Il ne faut pas que l’UA impose aux Togolais de voir les choses comme si nous étions en démocratie. Nous devons poser sur la table les aspirations profondes du peuple togolais épuisé par une dictature cinquantenaire, de père en fils. Le message est simple ; nous ne voulons pas d’une monarchie. L’Église a été on ne peut plus claire en allant voir Faure, en lui disant très simplement que le peuple ne voulait plus de lui. En tant que chrétien, le président Faure devrait entendre ce genre de message.

Source: http://www.togomedias.com/togo-%E2%80%89nous-ne-voulons-democratie%E2%80%89-entretien-tikpi-atchadam/

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