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Société & Santé

Togo : Affaire Christian Trimua / Tuerie en série de 20 jeunes filles. Le pouvoir tente de soustraire un « supposé » criminel des griffes de la justice? Scandaleux!

Togo : Affaire Christian Trimua / Tuerie en série de 20 jeunes filles. Le pouvoir tente de soustraire un « supposé » criminel des griffes de la justice? Scandaleux!

Nous commençons cet article avec une série de questions : Le Président de la République du Togo, son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, fils du feu général Eyadema, a-t-il réellement des conseillers autour de lui ou pas ? Si oui, le conseillent-ils réellement dans ses prises de décisions ? Ceux qui dirigent le Togo aujourd’hui, ont-ils un minimum de bon sens et de cohérence dans les actes qu’ils posent au sommet de l’Etat ?

Toutes ces questions sont fondées et tout à fait pertinentes à la lumière des faits que nous allons décrire à l’instant.

Qu’il souvienne à nos lecteurs que lorsque le Président de la République avait pris le décret, le 11 octobre nommant Christian Trimua au gouvernement, nous avions écrit un article dans lequel nous relevions que le fils du pasteur Trimua était sous le coup d’une inculpation dans une affaire hautement criminelle et que de ce faitil n’était pas qualifié pour être enrôlé au gouvernement.

Deux jours après cet article, de petits esprits résolument engagés dans un très mauvais rôle, s’étaient empressés de démentir cette inculpation soutenant au passage que le jeune talentueux juriste avait plutôt été entendu sans que le juge d’instruction ne l’inculpe.

Ils étaient allés jusqu’à affirmer qu’ils avaient interrogé ce dernier qui avait nié avoir été inculpé. Eh sacré Togo !

A l’époque, nous n’avions pas voulu rentrer dans cette polémique stérile et immorale puisque nous avions l’évidence des faits. Mais aujourd’hui, nous nous sentons obligé de revenir sur le sujet car il est en train de connaître de nouveaux développements pour le moins scandaleux et vraiment insoutenables.

Vendredi 08 novembre 2013, à la cour d’appel de Lomé, alors que la chambre d’accusation planchait sur ce dossier de tuerie de plus d’une vingtaine de jeunes filles à Lomé, le premier substitut du procureur général, Wyao Essohana a fait une réquisition atypique dans laquelle il demande non seulement la disjonction du dossier Trimua du dossier principal mais aussi un non-lieu le concernant.

En clair, le pouvoir de Faure Gnassingbé, après avoir posé l’acte maladroit de nommer au gouvernement un inculpé dans une affaire dans laquelle il encourt une réclusion à perpétuité, souhaite corriger cette bévue par un subterfuge juridique qui va consister à disculper le jeune ministre de l’affaire sans qu’il n’ait été jugé par une juridiction digne de ce nom qui pourrait effectivement donner la preuve de sa culpabilité ou non.

C’est un vrai scandale puisque nous parlons ici d’une affaire criminelle qui concerne la tuerie en série de plus d’une vingtaine de jeunes filles à Lomé.

Il faut bien comprendre qu’en droit, l’on ne prononce un non-lieu que vis-à-vis d’un inculpé dans une affaire, c’est-à-dire vis-à-vis de quelqu’un que le juge d’instruction a décidé de mettre en examen dans un dossier après avoir décelé des indices graves et concordants de culpabilité le concernant.

Autrement dit, dans une pratique orthodoxe du droit, le juge d’instruction ne peut inculper un prévenu qu’après s’être effectivement éclairé, à partir des témoignages qui révèlent non seulement des indices graves, mais aussi concordants de culpabilité.

Ce n’est certainement pas Maitre Ali, qui est actuellement le conseil de Christian Trimua, qui nous démentirait dans cette démonstration.

Mais dit donc ! Le Togo est vraiment par terre et malheur à ceux qui tentent maladroitement encore de défendre l’indéfendable.

Même en supposant dans un cas d’école, que l’inculpation de Christian Trimua qui lui a été collée au visage par le sulfureux doyen des juges, ne reposait sur aucun indice grave et concordant de culpabilité, le Président de la République qui est supposé disposer de la mémoire de l’Etat, ne pouvait en aucun cas prendre un décret pour nommer quelqu’un qui est déjà entre les mains de la justice et de surcroit dans une affaire aussi grave que celle de l’assassinat délibéré d’êtres humains.

Qu’en l’ayant fait, le Chef de l’Etat a donné la preuve qu’il navigue à vue et qu’il ne dispose en rien de la mémoire de l’Etat ou alors qu’il se fout royalement des pratiques orthodoxes dans la gestion d’une République.

Car le minimum que l’on peut demander à un Président de la République, c’est de connaître l’identité effective des hommes et femmes qu’il enrôle dans l’environnement immédiat du pouvoir et qui vont agir au nom du peuple togolais et dans l’intérêt de ce peuple.

A la limite, le non-lieu aurait été prononcé concernant Trimua avant sa nomination au gouvernement que l’on mettrait du bémol dans la critique, que l’on se dirait qu’il avait été victime d’une cabale politique comme les gens en ont souvent l’habitude au Togo.

Mais la manière grossière dont le pouvoir est en train de vouloir se racheter dans ce dossier, fait à la fois honte et pitié.

Que doivent alors penser les autres inculpés dans ce dossier ? Que doivent penser les familles de Bruno Amah ou du pasteur Montéro que finalement la chambre d’accusation va bientôt envoyer devant la cour d’assise ? Que s’ils veulent se sortir d’affaire ils n’ont qu’à voir le Président de la République ?

Qu’au Togo la règle de deux poids deux mesures s’est définitivement incarnée en faveur de ceux qui côtoient le palais de la Présidence ?

Dans un pays normal, le Premier Ministre et le Président de la République doivent s’expliquer sur cette maladresse, sur cet acte tout à fait insoutenable et même impardonnable.

Il faut bien que l’on comprenne les raisons qui avaient motivé l’inculpation de Christian Trimua dans cette scandaleuse affaire pour que l’on soit obligé aujourd’hui de forcer sa sortie de ce dossier par des procédés minables.

Il faut que nos dirigeants nous expliquent ce qui fonde ce privilège particulier qu’ils font tout pour donner à un inculpé dans une affaire aussi honteuse et criminelle.

A défaut, aucun togolais ne pourrait résister de penser que les vrais criminels se trouvent plutôt dans les rangs de ceux qui nous régentent depuis des décennies. C’est trop facile d’instrumentaliser la justice jusqu’à ce point sans un minimum de décence et de bon sens.

Et dire que tout cela se passe à quelques jours seulement de la première visite officielle de notre cher Président bien-aimé en France, un pays d’exemple de démocratie où il va serrer la main à François Hollande, lui aussi un modèle de démocrates.

Quelle fierté pouvons-nous tirer de nous afficher à la face du monde avec antant de carences ? C’est une vraie honte pour le Togo et les togolais.

Source: http://www.27avril.com/blog/actualites/politiques/togo-affaire-christian-trimua-tuerie-en-serie-de-20-jeunes-filles

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