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Société & Santé

Togo : les plans de l’ex-ministre de l’Intérieur Massémé, depuis son exil au Ghana

Togo : les plans de l’ex-ministre de l’Intérieur Massémé, depuis son exil au Ghana
Sexagénaire homme politique togolais, Kokouvi Massémé est un ancien ministre togolais qui boucle sa 26e année d’exil. Installé depuis quelques années au Ghana voisin, l’homme s’est reconverti en planteur de manioc et nourrit de grands rêves dont celui de rentrer un jour chez lui, au Togo.

Depuis le Ghana, l’ancien ministre togolais Kokouvi Massémé est devenu planteur de manioc.  Mais pas seulement, il procède aussi à la transformation du tubercule en farine, communément appelée gari. Désormais à la tête d’un domaine de plus de 100 hectares, cet enfant de paysan retourne à la terre, non pas par dépit, mais avec fierté et beaucoup d’envie.

« Je veux faire du planteur de manioc, un égal du planteur de Cacao »

« D’Akato naquit un broussard, dans une famille de 40 enfants qui fit ses études de CPi jusqu’à la maîtrise sans redoubler de classe », se souvient Masseme qui rappelle, par ailleurs, fièrement, qu’« il n’est pas citadin ni fils de fonctionnaire ». Aujourd’hui, loin (mais pas si loin que ça) de la terre natale, il installe progressivement toute une industrie de production de gari. Toute chose qui passe par des plantations de manioc. « Je veux faire du planteur de manioc, un égal du planteur de Cacao », confie-t-il.

Dans la ferme de Masseme,  on produit, on transforme, on commercialise. Trois ans après le début de son entreprise agricole, plus rien ne semble l’arrêter. Son goût pour la terre se bonifie. « Ici c’est un paradis agricole, tout ce que tu jettes au sol se met à pousser, sans que tu n’aies besoin d’un quelconque engrais », se réjouit-il.

Autour du fermier, des dizaines de collaborateurs s’activent chaque jour pour livrer les milliers de sacs de gari commandés par des clients. Parmi eux, il y a ceux qui pèlent le manioc, ceux qui les moulent, celles qui la torréfient et qui l’ensachent.

Égrener les épis de maïs, peler les maniocs, l’ancien préfet s’y adonne lui-même, aux côtés de dizaines d’autres hommes femmes qui défilent au quotidien. Et le succès n’a pas hésité à être au rendez-vous. Les idées ne manquent pas. Le désormais fermier souhaite installer une véritable usine de transformation du manioc. Jusqu’ici le dispositif est encore artisanal alors que les commandes commencent par exploser.

Kokouvi Massémé

Kokouvi Massémé, ancien ministre de l’intérieur en exil, reconverti en planteur de manioc

C’est depuis le 03 décembre 1991 que Kokouvi Massémé a dû choisir de se mettre à l’abri, à l’extérieur du Togo. Ce jour-là, la primature togolaise avait été attaquée par des hommes armés proche du dictateur Gnassingbé Eyadèma. Après des échanges de feu nourris, le locataire des lieux se rend. Plusieurs personnes perdent la vie dans cette parenthèse sanglante. D’autres seront capturés et le gouvernement de transition venait d’être décapité. Kokouvi Massémé qui en était ministre de l’intérieur, comme bien d’autres, a dû prendre la route de l’exil.

C’est d’abord au Ghana qu’il s’est installé, où avec d’autres opposants du régime Eyadèma, contribuant ensemble à leur manière à l’avancement du processus démocratique au Togo. Accusé même parfois par le régime de participer à des conspirations. Il fera aussi 18 ans en Allemagne. Avant de revenir s’installer au Ghana où il exploite depuis quelques années une ferme agricole.

 » La politique pour la politique. Ce n’est plus de mes forces, mais je peux me considérer toutefois comme une référence dont les jeunes pourront s’inspirer pour faire leur carrière politique « 

Installé au Ghana, pays voisin du Togo, l’ancien ministre de l’intérieur et aussi ancien préfet d’une localité de la région centrale du pays, suit de près la situation politique, toujours instable, dans son pays.

Dans une interview datant de 2016, il disait prendre une retraite politique. « Aujourd’hui, j’ai plus de 60 ANS. Après tout, il faut aussi une retraite politique. Vous savez, la politique recèle beaucoup d’énergie. Moi je n’entends pas devenir président de la République à 73 ans. Je ne mets pas un point final à la politique, mais la politique pour la politique. Ce n’est plus de mes forces, mais je peux me considérer toutefois comme une référence dont les jeunes pourront s’inspirer pour faire leur carrière politique. Je suis prêt à apporter ma contribution dans ce sens. Donc pour répondre à votre question, c’est en quelque sorte une retraite pour se consacrer à l’agriculture », avait-il annoncé.

« Aujourd’hui, je suis retourné à la terre. Je suis retourné à la terre veut dire que je suis retourné au métier de mes ancêtres. Ce métier qui m’a nourri. Bref, je suis devenu agriculteur », a récemment confirmé M. Massémé à This Is Africa.

S’il semble s’épanouir dans sa reconversion, redevenu totalement paysan, il n’est pourtant pas à l’abri du sentiment d’angoisse qui ronge tout réfugié politique. Le Togo, il compte y revenir, un jour.  C’est d’ailleurs son deuxième plan.

Source: https://thisisafrica.me/fr/2017/09/05/togo-deux-plans-de-lex-ministre-de-linterieur-kokouvi-masseme-exil/

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