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Togo/ Media : Affaire Emmanuelle Sodji : La HAAC pris dans un flagrant délit de mensonge

Togo/ Media : Affaire Emmanuelle Sodji : La HAAC pris dans un flagrant délit de mensonge

« l’arme préférée des imbéciles est la diversion », Jean Dutourd

La HAAC, dans un communiqué rendu publique samedi dernier, a tenté d’expliquer le retrait de l’accréditation de la correspondante de France24 et TV5 Monde au Togo. Quelle est l’objectif de cette mise au point ? Pourquoi la HAAC se sent-elle obligée de s’expliquer sur une décision prise par les autorités politiques, et non par elle ? Les interrogations ont leur sens.

Dans son communiqué, l’institution de régulation des médias (la HAAC) affirme que l’accréditation de la journaliste de France24 et TV5 Monde est arrivée à son terme depuis 2012. Ainsi, « La HAAC n’a connaissance d’aucune demande d’accréditation d’aucun média en faveur Mademoiselle Sodji Emmanuelle Marie », dit le communiqué. Plus loin, la HAAC rappelle que « toute implantation ou représentation de médias internationaux au Togo, est subordonnée à la signature d’une convention d’une durée de 5 ans pour la radio et de 10 ans pour la télévision, conformément aux dispositions de l’article 40 de la loi portant code de la presse et de la communication ».

A en croire ce communiqué, Emmanuelle Sodji opère en toute illégalité au Togo depuis cinq ans. Soit. On ne peut donc s’empêcher de se demander pourquoi c’est seulement maintenant que les autorités togolaises se sont réveillées pour faire arrêter l’illégalité et pas avant. Surtout quand on sait que c’est à la suite de la diffusion sur France24 et TV5 Monde, de reportages sur les dernières manifestations de l’opposition togolaise qu’une telle décision a été prise.

La HAAC se veut legaliste. Pour cela elle fait référence au code de la presse et de la communication du Togo. Mais que stipule réellement l’article 40 cité par la HAAC ? « Toute demande d’autorisation d’installation et d’exploitation de radio ou de télévision privée doit être adressée à Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication aux fins d’établir le cahier des charges qui définit notamment : la durée et les caractéristiques du programme propre ; les zones géographiques et les catégories de services ; la puissance du matériel de diffusion (…) »

A la lumière de cet article, on se rend à l’évidence que la HAAC, bien qu’ayant forcé l’interprétation, n’a pas réussi à établir un quelconque rapport avec Emmanuelle Sodji, qui elle, n’est pas concernée par les dispositions de cet article. L’article 40 est très précis et ne concerne en effet que les chaînes de radios et télévisions privées, installées au Togo. Emmanuelle Sodji n’ayant installé ni n’exploite aucune chaîne de radio ou de télévision sur le territoire togolais, on conçoit mal que la HAAC évoque cet article dans son cas. Peut-être faudrait-il que la HAAC trouve un autre article plus accommodant ? Ou à défaut, qu’elle en fabrique un, afin d’atteindre son objectif ? C’est le Togo, et personne n’en sera surpris.

Il est donc clair que cette sortie de la HAAC ne vise qu’une seule chose : faire diversion et couvrir une décision liberticide en évoquant une loi tronquée et mal interprétée à dessein. C’est un secret de polichinelle, cette décision n’a rien d’administrative. C’est purement et simplement une décision politique non assumée, malheureusement. Le principal grief qui est fait à Emmanuelle Sodji est d’avoir couvert les dernières manifestations de l’opposition togolaise. Rien de plus. Le régime togolais, habitué à être seul à passer sur les antennes de sa boîte à propagande TVT, n’a jamais pardonné à Emmanuelle Sodji d’avoir donné la parole au camp d’en face, et pire, sur des médias aux audiences larges et diversifiées comme France24 et TV5 Monde.

Connaissant le régime togolais, on ne peut pas en être surpris. Chez les Gnassimgbé, tout journaliste qui ne fait pas l’éloge du prince est de facto une cible à abattre, un ennemi qu’il faut traiter avec cruauté, mépris et sadisme. Ayant fait le choix de la liberté de ton, de l’équilibre et de la pluralité de l’information, Emmanuelle Sodji ne saurait être le prototype de journalistes adoubés par la cour royale. Et donc tous les moyens sont bons pour l’empêcher de faire son travail. L’adage ne le dit-il pas ? « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage ».Togo/ Media : Affaire Emmanuelle Sodji : La HAAC pris dans un flagrant délit de mensonge

« l’arme préférée des imbéciles est la diversion », Jean Dutourd

La HAAC, dans un communiqué rendu publique samedi dernier, a tenté d’expliquer le retrait de l’accréditation de la correspondante de France24 et TV5 Monde au Togo. Quelle est l’objectif de cette mise au point ? Pourquoi la HAAC se sent-elle obligée de s’expliquer sur une décision prise par les autorités politiques, et non par elle ? Les interrogations ont leur sens.

Dans son communiqué, l’institution de régulation des médias (la HAAC) affirme que l’accréditation de la journaliste de France24 et TV5 Monde est arrivée à son terme depuis 2012. Ainsi, « La HAAC n’a connaissance d’aucune demande d’accréditation d’aucun média en faveur Mademoiselle Sodji Emmanuelle Marie », dit le communiqué. Plus loin, la HAAC rappelle que « toute implantation ou représentation de médias internationaux au Togo, est subordonnée à la signature d’une convention d’une durée de 5 ans pour la radio et de 10 ans pour la télévision, conformément aux dispositions de l’article 40 de la loi portant code de la presse et de la communication ».

A en croire ce communiqué, Emmanuelle Sodji opère en toute illégalité au Togo depuis cinq ans. Soit. On ne peut donc s’empêcher de se demander pourquoi c’est seulement maintenant que les autorités togolaises se sont réveillées pour faire arrêter l’illégalité et pas avant. Surtout quand on sait que c’est à la suite de la diffusion sur France24 et TV5 Monde, de reportages sur les dernières manifestations de l’opposition togolaise qu’une telle décision a été prise.

La HAAC se veut legaliste. Pour cela elle fait référence au code de la presse et de la communication du Togo. Mais que stipule réellement l’article 40 cité par la HAAC ? « Toute demande d’autorisation d’installation et d’exploitation de radio ou de télévision privée doit être adressée à Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication aux fins d’établir le cahier des charges qui définit notamment : la durée et les caractéristiques du programme propre ; les zones géographiques et les catégories de services ; la puissance du matériel de diffusion (…) »

A la lumière de cet article, on se rend à l’évidence que la HAAC, bien qu’ayant forcé l’interprétation, n’a pas réussi à établir un quelconque rapport avec Emmanuelle Sodji, qui elle, n’est pas concernée par les dispositions de cet article. L’article 40 est très précis et ne concerne en effet que les chaînes de radios et télévisions privées, installées au Togo. Emmanuelle Sodji n’ayant installé ni n’exploite aucune chaîne de radio ou de télévision sur le territoire togolais, on conçoit mal que la HAAC évoque cet article dans son cas. Peut-être faudrait-il que la HAAC trouve un autre article plus accommodant ? Ou à défaut, qu’elle en fabrique un, afin d’atteindre son objectif ? C’est le Togo, et personne n’en sera surpris.

Il est donc clair que cette sortie de la HAAC ne vise qu’une seule chose : faire diversion et couvrir une décision liberticide en évoquant une loi tronquée et mal interprétée à dessein. C’est un secret de polichinelle, cette décision n’a rien d’administrative. C’est purement et simplement une décision politique non assumée, malheureusement. Le principal grief qui est fait à Emmanuelle Sodji est d’avoir couvert les dernières manifestations de l’opposition togolaise. Rien de plus. Le régime togolais, habitué à être seul à passer sur les antennes de sa boîte à propagande TVT, n’a jamais pardonné à Emmanuelle Sodji d’avoir donné la parole au camp d’en face, et pire, sur des médias aux audiences larges et diversifiées comme France24 et TV5 Monde.

Connaissant le régime togolais, on ne peut pas en être surpris. Chez les Gnassimgbé, tout journaliste qui ne fait pas l’éloge du prince est de facto une cible à abattre, un ennemi qu’il faut traiter avec cruauté, mépris et sadisme. Ayant fait le choix de la liberté de ton, de l’équilibre et de la pluralité de l’information, Emmanuelle Sodji ne saurait être le prototype de journalistes adoubés par la cour royale. Et donc tous les moyens sont bons pour l’empêcher de faire son travail. L’adage ne le dit-il pas ? « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage ».

Source: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1443524692392602&set=a.550884818323265.1073741828.100002052547393&type=3&theater

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