Partager ce Post

Société & Santé

Un poème du Maître Joseph Kokou Koffigoh à un blogueur Togolais suite à une publication

Un poème du Maître Joseph Kokou Koffigoh à un blogueur Togolais suite à une publication

TOGO: MAÎTRE Joseph Kokou Koffigoh ME RÉPOND PAR UN POÈME (QU’IL ME DÉDIE) SUITE À MA PUBLICATION SUR LES ÉVÉNEMENTS DU 3 DÉCEMBRE 1991. JE LE PARTAGE INTÉGRALEMENT ICI

(Pour ceux qui ne le savent pas, Me Koffigoh fut ancien Premier ministre du Togo puis Ministre des Affaires étrangères. Il avait conduit la transition démocratique qui a échoué sous le régime du dictateur Eyadèma Gnassingbé).

Anani Sossou

J’étais ce week-end dans mon petit village où les enfants du lieutenant Awoumey mort lors des combats du 3 décembre 1991, ont commandé une messe en sa mémoire. Cela nous a donné l’occasion de prier pour tous ceux qui sont tombés ce jour là, victimes de nos avanies politiciennes. Un certain Monsieur Anani Sossou a cru devoir m’attaquer sur les réseaux sociaux en commentant à sa manière ces évènements douloureux. Je suis allé sur sa page Facebook et constaté qu’il habite à Bruxelles. Libre à lui depuis l’Europe de remuer le couteau dans nos plaies. Je lui dédie ce poème ainsi qu’à mes vrais amis. À l’heure où il faut rassembler nos forces pour purifier le Togo de la chienlit des haines qui nous ont toujours éloignés du but, il n’est pas inutile de lever un peu le voile sur le passé qui nous hante comme un fantôme malveillant. Ce monsieur, pour finir me demande d’écrire mes mémoires, après m’avoir insulté. J’écrirai ou n’écrirai pas mes mémoires. Mais le moment viendra où la vérité qui se cache éclatera au grand jour pour que les togolais ne commettent plus les erreurs des devanciers. Personne ne viendra de l’extérieur pour sauver ce pays. J’en ai hélas déjà fait l’amère expérience comme vous le verrez dans ce poème intitulé POÈME SANS RANCUNE.

POÈME SANS RANCUNE
(À Anani Sossou)

Je pourrais réussir en faisant la satyre;
Les sujets abondent où l’on pourrait choisir:
Exemple, la haine qui devient un loisir
Favori de certains qui n’aiment que médire.

Mieux vaudrait les bénir au lieu de les maudire;
J’ai eu à gouverner dans le temps des martyrs
Qui tombaient un à un pour que notre avenir
Retrouve son éclat et puisse rebondir.

Il fallait un moment arrêter le carnage,
Pour trouver une voie d’entente avec des gages
Donnés mutuellement sans trahir au passage
L’esprit du renouveau et son secret message:

Combattre en sauvant l’unité nationale,
Retenir le pays dans le sens vertical
Pour qu’il ne tombe pas écrasé par le mal
Absolu d’un conflit aux issues trop fatales.

De pauvres ignorants appellent ça trahir!
Et pourtant je suis fier d’avoir pu contenir
L’assaut final des chars qui voulaient démolir
L’espoir en gestation que l’on voyait venir.

Il y avait un moyen de devenir héros:
Fuir jusqu’à Bruxelles pour dénoncer les maux,
Se trouver un refuge au lieu de prendre un seau
D’eau pour tuer le feu qui brûlait le Togo,

Rester dans l’illusion que François Mitterrand
Serait notre secours contre les assaillants,
Croire en J.J. Rawlings qui m’avait dit pourtant
Qu’il ne pouvait tout seul battre nos régiments.

Je rend toujours hommage aux vaillants combattants
Qui ont donné leur vie et ont versé leur sang
Quand les gens sont partis, certains vers le couchant,
D’autres vers l’orient par peur des assaillants.

Épou et Tokofaï, Aboni et Ogou,
Lieutenant Awoumey, morts et toujours debout,
Disparus ou vivants, vous êtes des chouchous
Dans notre mémoire; comme on est fier de vous!

Pourquoi ne pas penser aux gens de l’autre bord;
Ce sont tous nos frères et ils ont eu leurs morts,
Même si nous croyons qu’ils se battaient à tort
Contre le renouveau porté par un vent fort.

La vérité dérange moi je le sais depuis;
Mais je lutte toujours pour sauver les acquis;
Mes vers sont des onguents pour tous les cœurs meurtris
Que cela plaise ou non à Sossou Anani.

Cet homme s’est gardé de mettre à mon crédit
Cette constitution qu’on réclame à grand cri,
Et il a oublié avec son parti-pris
Le premier parlement conquis par nos amis.

Nous étions sur le front pour sauver l’essentiel
Protéger le pays des laves démentielles
De haines tribales qui coulaient par kyrielles
Nous rêvions nous aussi d’un grand peuple arc-en-ciel.

Était-ce criminel que d’éviter la guerre?
Faites-là maintenant! Peuplez les cimetières,
Si le cœur vous en dit; mon passé est derrière;
Très bientôt moi aussi je deviendrai poussière.

Tout le reste appartient aux maîtres de l’Histoire;
Laissons-les démêler dans le fond des mémoires
Ce que chacun a fait dans son coin du terroir
Pour nous faire passer le pont des années noires.

Joseph Kokou Koffigoh
Poème inédit
Lomé le 4 décembre 2017

Source: https://www.facebook.com/innocent.sossou/posts/10214866855808697

Partager ce Post

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Lost Password

Register

Pin It on Pinterest

Share This

Hey there!

or

Sign in

Forgot password?
Close
of

Processing files…